Pratiques de l'institutionnel

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25/07/2019

Un spectre d'émotion : parcours subjectif avec les familles.



 
Un spectre d'émotion...



 Un spectre d'émotion :
Parcours subjectif avec les familles.

Christine Vander Borght



Les grains de sable affectant les familles sont par définition des éléments ténus, sans grande importance en comparaison avec l’étendue de la plage ou de la mer, mais ils sont capables de gripper les rouages de machines énormes ou dotées de la technologie la plus sophistiquée. Au niveau microsocial, ce sont des écueils qui peuvent briser des destins, affaiblir les familles et remettre en question les valeurs sur lesquels elles s’appuyaient jusqu’à l’irruption d’une crise qui bouleverse leur quotidien.

Approcher les problématiques familiales demande une prise de hauteur par rapport aux drames intimes et relationnels, générateurs de souffrance, qui constituent actuellement une part importante du travail des intervenants psychosociaux. Cette distanciation nous amène à réfléchir autant en termes d’égalité de genre, d’appartenance, de flexibilité culturelles, de changements des procédures juridiques, d’évolution des rôles parentaux, qu’en fonction des processus d’attachement et de séparation liés à une situation familiale particulière. Le spectre à survoler est donc large, pour permettre de mieux comprendre de quelle place, et avec quel mandat un professionnel intervient dans une situation familiale. Nous utilisons ici le mot spectre dans son sens physique, reprenant la définition donnée par Newton en 1671 « images juxtaposées formant une suite ininterrompue de couleurs  correspondant à la décomposition de la lumière blanche » (Le Robert). Retenons de cette métaphore les couleurs de l’arc-en-ciel, qui s’ajustent en fonction d’éléments météorologiques, se divisant et se nuançant selon le regard qui lui est porté. 


Dans le décours de ma vie professionnelle, j’ai occupé différentes places, dans plusieurs organisations psychosociales, avec des mandats qui ont amené au fil des années différentes modalités de mise en relation et d’intervention auprès des familles. J’y ferai progressivement référence en suivant une chronologie temporelle alignée sur l’évolution des pratiques de ce secteur, essentiellement en Belgique et en France.





 

L’évolution du contexte  de travail avec les familles


Compréhension culturelle des familles


Du point de vue des intervenants, cinq points d’appui peuvent guider le travail avec les familles, que ce soit dans un contexte d’intervention psychosociale sur mandat (signé par le juge de la jeunesse, le personnel de l’aide et de la protection des mineurs, un psychiatre ou encore un médecin traitant), dans un contexte psychothérapeutique, ou en tant que superviseure de professionnels impliqués dans les suivis de famille en difficulté.

Globalement, même si ces points d’appui se déclinent très différemment selon la singularité des contextes, ils constituent des repères auxquels je me suis toujours référée.

Se connaître soi-même : de quoi suis-je fait ? D’où me vient le désir d’aider l’autre ? Comment s’est-il construit dans mon histoire de vie ? Quelles ressources, quelles répétitions, et quelles appréhensions sont contenues dans mon sac à dos personnel (Canevaro, 2017) ?

Clarifier le contexte, le cadre, les règles et les limites de l’intervention. Qui demande quoi à qui ? Y aura-t-il des rapports à rédiger sur l’évolution de la situation ? À qui seront-ils transmis ? Qui sera associé à ces comptes-rendus ?

Préciser les règles éthiques qui soutiennent notre action : la confiance, la fiabilité, le respect du secret professionnel, la coopération.

Amener les personnes avec lesquelles on travaille à comprendre ce qui se passe en elles et ce qui colore émotionnellement les interactions avec les autres membres de la famille, ou avec d’autres professionnels impliqués.

Prendre le temps d’entrer en relation ; d’être évalué par nos interlocuteurs ; de les comprendre et les respecter.

Pour comprendre le fonctionnement d’une famille et ce qui fait reliance entre ses membres, je me réfère à trois polarités d’attraction centrées sur la qualité des liens intrafamiliaux. Ces polarités sont de nature oscillantes, c’est-à-dire qu’elles ne sont pas fixées de manière constante, sauf dans certaines structures familiales extrêmement rigides. Elles sont susceptibles d’évoluer selon les évènements ou les humeurs de chacun. Il n’y pas non plus de préséance entre ces modalités de fonctionnement : chaque famille décline à sa façon ses manières d’être et de faire.

Tout d’abord, la polarité de l’organisation se déploie entre la flexibilité et la rigidité. En gros, elle répond aux questions : « Qui fait quoi ? Où ? Quand ? Comment ? Avec qui ? ».

Ensuite, c’est la cohésion du groupe familial qui mérite l’attention : « Les liens sont-ils très serrés ou distendus ? ». À l’ère des portables, un des indices révélateurs serait, par exemple, la fréquence des échanges téléphoniques entre les membres : « Qui téléphone ? À qui ? Quand ? À quel sujet ? ».

Enfin, la polarité de la hiérarchie : « Qui fait autorité ? Qui décide et comment se prennent les décisions ? À qui l’enfant va-t-il oser demander de l’argent pour une sortie, une permission, annoncer un mauvais résultat ? Qui sanctionne les débordements ? Comment ? ».

Il reste alors à s’intéresser à ce qui fonde, soutient et structure les liens familiaux. C’est un autre niveau d‘appréhension à interroger : celui des valeurs et des croyances partagées, résultant d’un tricotage d’élaborations tramées sur les rhizomes des cultures d’appartenance. Ces assemblages sont à l’œuvre dans toutes les familles que les évènements circonstanciels et l’évolution de la vie exposent à un incessant travail d’aménagement relationnel. Les éléments saillants et conflictuels sont probablement révélateurs de ruptures relationnelles qui inscrivent les acteurs dans des formes de temporalités décalées, accélérées ou figées, et parfois cruellement discordantes, comme c’est le cas pour tous ceux qui traversent des épreuves émotionnelles fortes. Ces ruptures d’ordre psychologique, sociale ou individuelle, affectent chaque étape du cycle de la vie ; elles sont prises dans les bouleversements historiques ou sociaux, ou dans des réaménagements familiaux en lien avec des séparations de tous ordres (divorce, placements, maladies physiques et psychiques, éloignements, immigration, décès, etc.).

Égalité des genres et des rôles parentaux


La transformation de la paternité est au cœur des réaménagements actuels de la réflexion sur la question du genre. Les auteurs du Guide du féminisme pour les hommes et par les hommes (Kaufman et Kimmel, 2018), nous rappellent que les religions monothéistes sont toutes « patriarcales » : elles s’appuient sur une image de la famille dominée par le père, dans une sorte de misogynie structurelle. Le patriarcat s’est progressivement construit depuis huit à dix mille ans, alors que notre humanité est vieille d’un quart de millions d’années, probablement avec un haut degré d’égalité entres les sexes. Même si une division du travail était instaurée, cela n’impliquait pas nécessairement une hiérarchisation des places. Car le patriarcat ne consiste pas seulement en une domination masculine sur les femmes, il concerne aussi toute forme de prise de pouvoir vis-à-vis d’autres groupes humains en fonction de leur couleur de peau, leur religion, leur statut social, leur appartenance culturelle ou encore leur orientation sexuelle. Ces deux auteurs déclinent un bon nombre de mots-clés pour revoir et réélaborer ces notions sous la loupe de l’égalité : chaque notion s’adaptant aussi bien à un homme qu’à une femme. On y lit, par exemple (p. 63) une savoureuse recette du couple que je résume : un mélange de respect pour la liberté de l’autre, pour les sentiments de l’autre et pour ses désirs sexuels, et une pincée de respect pour soi. Ajoutez-y une rasade d’honnêteté, mélangez avec prudence, incorporez une bonne dose de volonté à oser prendre des risques émotionnels, et surtout, laissez tomber la violence sous toutes ses formes, car elle détruit tout. Sans oublier d’éviter la jalousie et la peur de la solitude, car elles sont très mauvaises conseillères.

La « virilité » serait une construction sociale (malgré ce qu’en dit Le Robert qui la définit comme une caractéristique masculine !) qui ne serait pas inhérente au sexe biologique. Le combat des femmes kurdes, engagées dans la guerre contre Daech en Syrie, en est un bel exemple actuel. Une femme est au commandement d’un bataillon mixte ! Pourrait-on accepter qu’être mâle impliquerait de développer certaines caractéristiques physiques et physiologiques qui ne seraient pas obligatoirement liées à une attitude patriarcale et dominante ?

Que font « certains » pères ? Devant certaines situations difficiles ou mal acceptées, certains peuvent faire le choix - comme aussi certaines mères, d’ailleurs - d’utiliser la violence pour affirmer leur domination et maintenir leur pouvoir et leurs privilèges. Leur objectif est alors de contrôler l’autre et d’occuper une position prédominante. Certains d’entre eux accomplissent bien moins de 50% des tâches ménagères et de l’éducation des enfants : l’idée ainsi transmise est que c’est aux femmes qu’il revient de s’occuper des autres et de développer leurs capacités d’empathie.

Il n’y a que deux choses que les hommes ne peuvent pas faire : porter et engendrer un enfant et lui donner le sein. Tout le reste semble partageable : le respect, l’aide à l’expression des émotions, les jeux, la réponse aux besoins d’affection et de soutien de leurs enfants. G. Neyrand2 (2016 et 2018), sociologue très engagé sur ces questions, a déjà souligné combien la paternité était en changement et combien dorénavant, les pères se sentaient soutenus et autorisés à s’investir différemment dans la vie de leur famille, ce qui représente un changement capital. Le mouvement vers une égalité entre les genres commence à être mis en application, comme par exemple au Canada, avec l’instauration d’un congé de paternité[1].

Évolution des pratiques juridiques : du tribunal aux médiateurs


De nombreux acteurs extrafamiliaux sont impliqués dans les processus actuels de reconfiguration familiale : les acteurs de la sphère juridique (les Tribunaux de première instance, les Cours d’appel, les Juges aux affaires familiales, les avocats, les médiateurs etc.), les intervenants psychosociaux des lieux de rencontre enfants/parents, les experts psychiatres et psychologues, les assistants sociaux, les acteurs du monde scolaire, et sans doute bien d’autres encore. Ces acteurs se sont eux-mêmes « formés » dans la mouvance psychosociologique des changements en cours. Retenons ici les écrits d’Irène Théry (1998) qui ont influencé les mutations du droit et de la justice des familles en France.

Actuellement, en Belgique autant qu’en France, différents modes amiables de résolution de conflit, tels que la médiation ou le droit collaboratif, ouvrent maintenant un nouvel espace de conciliation. En 2007, Paul Martens écrivait : « Le citoyen et le juge entreront enfin dans la modernité lorsqu’ils auront compris que les procédures de conciliation, de médiation, parce qu’elles permettent à chacun de se réapproprier des conflits que la technicité du droit avait confisqué, peuvent donner à ceux-ci une réponse non violente, apaisée et d’autant moins suspecte de partialité qu’elle aura été négociée ». Cette formulation reprend l’essentiel de ce qui est en jeu dans ces nouvelles formes procédurales : modernité, technicité du droit, réponse non violente, négociée, et réappropriation de leur conflit par les protagonistes. L’apaisement vient de l’implication de chacun des parents dans l’élaboration d’une solution équilibrée, juste et de longue durée (Vander Stock, 2018). Ces modalités ne sont accessibles qu’aux parents volontaires qui acceptent de s’engager dans ces nouvelles pratiques de conciliation.

Les référents théoriques


L’aide et la protection de l’enfance ont considérablement évolué aux points de vue sociologique et scientifique depuis la deuxième moitié du siècle dernier. Ces changements permettent de comprendre ce qui a été progressivement pensé, adapté, expérimenté, évalué, parmi les différentes offres de prises en charge des enfants en besoin d’aide, de soutien et de suppléance familiale. Entre les orphelinats de l’après-guerre, dans les années 1940–45, et la diversité actuelle des prises en charge des enfants et de leurs familles, un univers de recherches, d’élaborations et d’ajustements se sont succédé, mêlant les disciplines, les apports théoriques et les travaux universitaires. Je n’aborderai ici qu’un modeste survol des références qui m’ont appris à mieux travailler dans le champ des relations avec les familles, médiatisées avec et par les acteurs de la protection de l’enfance (travailleurs sociaux, juges des enfants et des familles, éducateurs, policiers, aides familiales, enseignants, psychiatres, infirmiers, psychologues ainsi que les nombreux métiers paramédicaux tels qu’orthophonistes, psychomotriciens, etc.).

Construction du lien et processus d’attachement


Après le décès de sa mère, une jeune femme interroge son père pour mieux comprendre comment et pourquoi ses parents avaient aimé son frère aîné, malgré ses innombrables bêtises, alors qu’elle, deuxième enfant d’une fratrie de quatre, se donnait tant de mal pour être sage. Après avoir souligné les précieuses qualités que sa femme et lui-même lui reconnaissaient, son père lui dit : 

« - Ta personnalité donne forme à la façon dont on t’aime.

 - Vous ne nous aimiez pas tous de manière égale.

- On vous aimait pour ce que vous étiez individuellement. Comment faire autrement ? »

La passionnante saga familiale de J. Smiley5 (2018, p. 634), dont ce dialogue est extrait, explore les parcours différenciés des membres d’une famille américaine sur quatre générations. Nous suivons les choix de vie d’une cinquantaine de personnages, avec les différentes facettes des couples parentaux qui se constituent : traditionnel, amoureux, multiculturel, ménage à trois, divorcé, couple homosexuel, adoptant, etc., ainsi qu’à la déclinaison des rapports singuliers qui se tissent entre les parents et leurs enfants. Chacune des familles s’inscrit dans la culture familiale qu’elle élabore selon sa spécificité et nous suivons, pas à pas, chacun des acteurs dans sa propre construction identitaire, entrant à la fois dans la sphère de la sociologie, de l’anthropologie, de la psychologie familiale et individuelle.

Nous sommes tous confrontés aux questions qui se posent et se réinterrogent tout au long de notre vie : comment ai-je été aimé ? Qu’est-ce que je veux éviter de reproduire ? Qu’est-ce que je reproduis quand même ? Qu’ai-je appris de ceux qui m’ont été proches dans les manières de dire, de faire et d’aimer qui sont aujourd’hui les miennes ? Qu’ai-je envie de faire de ma vie ? Essayons de mieux comprendre ce processus d’attachement qui nous relie aux autres et nous en rend douloureusement dépendants, selon le degré de sécurité que nous sommes parvenus à élaborer psychiquement. La biochimie nous apprend que, dès la naissance, une substance hormonale, l’ocytocine, nous oriente vers l’autre, et vers le souci de l’autre. C’est d’ailleurs étonnant d’entendre combien, en l’absence de fées autour du berceau, les enfants placés dans des institutions de suppléance éducative restent fixés sur une image idéale de leur parent, souvent leur mère, quel que soit le degré de présence réelle et d’attention empathique qu’elle a manifesté envers son enfant. Aucune bonne fée n’étant au rendez-vous de l’idéalisation et de l’investissement affectif, il faut bien s’en inventer une autre qui soit à la hauteur du besoin de modalités sensorielles de reconnaissance perceptives et de continuité. Je me rappelle avoir rencontré une jeune femme qui avait été longuement placée en institution, ce qui l’avait motivée à se former au métier d’assistante sociale. Elle m’a expliqué comment, chaque soir, elle imaginait la présence sa mère qu’elle situait dans une étoile, loin dans le ciel, au-dessus de son lit institutionnel. 

Tous les enfants naissent avec la capacité de se lier aux autres, d’établir un lien de confiance et de se faire confiance. La survie du bébé dépend totalement de ce lien, car il est  incapable de se débrouiller seul : le petit humain naît immature, et survit grâce à aux personnes vivantes qui le protègent et le soignent. Tous sont attachés à leurs parents, d’abord physiquement via le cordon ombilical qui les relie à leur mère biologique, puis progressivement dans la distance, dès que le lien charnel est rompu par le fait d’avoir à naître, à se séparer. Cependant, tous ne restent pas reliés de façon suffisamment sécurisante, car certains enfants développeront un attachement empreint de méfiance à cause de réponses parentales dysharmoniques. Les figures d’attachement qui relient le petit humain à ses parents, et par extension aux représentants parentaux, sont appréhendées selon quatre modalités, qui représentent chacune une étape, entre l’attachement sécure, évitant, ambivalent et désorganisé. Les effets de ces premières relations resteront agissants et fonctionneront comme une espèce de   modèle de  toutes les relations futures, sauf si l’enfant est aidé à comprendre avec quoi, et contre qui, il se bat.   Bien des situations familiales décrites comme précarisées et/ou en grande difficulté psychique sont évaluées en fonction de l’évaluation de ces processus d’attachement. Car c’est à la mesure des liens d’attachement et d’exploration, c’est-à dire la recherche active menées par l’enfant vis-à-vis de ses figures d’attachement, que sont prises, par les acteurs sociaux dans leur mission de protection, les décisions de soutien, d’accompagnement ou de séparation des jeunes enfants et leurs parents (Guedeney N., 2007). Nous comprenons la grande complexité des dilemmes : qui faut-il protéger en priorité, l’enfant ou le(s) parent(s) ? Qui est le mieux à même de s’exprimer au nom d’un enfant qui n’a pas accès à la parole ?

Le développement des référents théoriques et l’influence de la psychothérapie institutionnelle


Les années 70-80 ont été particulièrement fécondées par l’ouverture à la pensée systémique (Selvini, Minuchin) en complément des apports incontournables de la pédiatrie et de la pédagogie (Appel et David, Fustier, Oury F. et Pain), de la psychanalyse (Dolto), et actuellement celui des neurosciences. Sans oublier que les changements dans ces secteurs sont également tributaires des impacts financiers, et donc sociopolitiques, que représentent chacune des mesures préconisées.

Dans le travail institutionnel, j’ai rapidement appris, grâce aux apports de la psychothérapie institutionnelle (Tosquelles, Oury J.) que les groupes humains qui donnent vie à ces institutions sont constitués aussi bien par les « objets/sujets placés » que par les professionnels/sujets qui choisissent d’y travailler. Et ces groupes se trouvent également confrontés aux polarités oscillantes énoncées précédemment : il y est aussi question d’organisation, de hiérarchie, et de cohésion.  Je vais les réinterpréter d’une manière différente, puisque le contexte est autre.

-        Il y d’abord une direction, et en général un Conseil d’Administration, ce qui renvoie directement à la notion de hiérarchie : comment sont occupées ces fonctions ? Avec quel style de leadership ? Selon quel niveau de participation et quelles modalités de prises de décision ? En fait, ce sont les dimensions psychiques du collectif institué qui sont alors questionnées.

-        Le niveau organisationnel nous entraine à la fois sur le terrain des actions et interventions concertées, des objectifs, du cadre de travail, ainsi qu’à celui de la définition et du partage des fonctions et des rôles professionnels. Il s’y ajoute un aspect plus particulier : celui des territoires (dimension spatiale concrète ou responsabilité professionnelle) à occuper selon la maîtrise et la spécialisation de certains rôles professionnels.

-        Le niveau de la cohésion renvoie aux relations affectives interpersonnelles, aux notions d’attachement et prise de distance qui rendent compte de l’appartenance au groupe, ainsi que de toute une gamme d’attitudes interrelationnelles qui se déclinent selon différents degrés d’intensité s’étalonnant de la coopération à la séduction, du couplage aux rivalités et autres formes, officielles ou larvées, de concurrence.

Tous ces aspects se retrouvent élaborés dans une « culture d’entreprise », sorte de récit mythologique des origines qui cimente le fondement aux valeurs et aux croyances partagées par les membres du groupe.

Familles et Institutions ont donc beaucoup en commun : elles sont les unes et les autres soumises aux mêmes principes de fonctionnement, aux mêmes contraintes relationnelles et en concurrence directe sur beaucoup de plans. L’enfant « placé » en institution soignante et/ou éducative doit apprendre deux langues : celle de sa famille d’origine, selon qu’elle accepte ou non d’être identifiée comme insuffisamment compétente, et celle du cadre imposé pour l’aider à grandir. Les professionnels ont souvent à repérer combien un enfant peut être amené à reproduire dans l’institution, avec ses éducateurs par exemple, ce qui se joue pour lui dans ses relations familiales : les bons et les méchants, à qui il obéit et avec qui il est en rivalité, auprès de qui cherche-t-il un appui, qu’est-ce qui va le mettre en colère, etc.

Le développement des institutions d’aide à l’enfance


En début de carrière professionnelle, j’ai été confrontée à de nombreuses modifications progressives de la vie des institutions d’aide à l’enfance. À partir des années 75, ayant accepté de reprendre la direction d’une institution à la dérive, je me suis trouvée confrontée à une situation bouleversante à plus d’un titre. Dans cette institution, les enfants étaient tenus d’appeler « maman » leurs éducatrices. Lors des rares visites de leurs parents, ils étaient invités à se cacher pour éviter la rencontre. L’enchevêtrement des places, celles de parents de remplacement et d’intervenants, à l’image du matriarcat possessif exercé par la direction, avaient profondément marqué cette institution. Les motifs de placement étaient principalement dûs à la précarité matérielle des parents, et pas toujours liés à des faits de maltraitance et/ou de négligence. Le milieu d’origine du jeune était ignoré et aucun travail de réseau n’était tissé avec le jeune et sa famille. Des liens privilégiés avaient été noués avec les « recruteurs » (agents de la protection de l’enfance) d’enfants pour remplir les lits, et pas seulement dans un dut lucratif : cette institution était, à leurs yeux, très « bonne ».

Car cette institution était alors guidée, comme beaucoup d’autres à cette époque, par le mythe du remplacement des « mauvais » parents par les gentil(le)s éducateurs/trices, et conçue comme une sorte d’orphelinat dans lequel allaient grandir harmonieusement les enfants. Sauf qu’à leur majorité, les jeunes se retrouvaient devant la porte de sortie avec leur baluchon, dans le meilleur des cas avec un petit pécule épargné, sans aucun point de chute…hormis leur milieu familial !

À partir des années 80-90, de nouvelles conceptions des interventions familiales se sont largement diffusées dans le secteur de l’action sociale et médico-sociale, permettant une diversification des prises en charge. Celles-ci ont pu s’individualiser. La notion de suppléance familiale a émergé, l’éloignement de l’enfant de son milieu familial pour le protéger évoluait vers l’élargissement du  travail de proximité avec des familles, en tenant compte de leur problématique spécifique. Le concept d’empowerment (émancipation ou responsabilisation), impliquant le respect de la capacité des personnes à se prendre en charge, s’est considérablement imposé dans le champ professionnel. En tenant compte des compétences à découvrir, les dispositifs se sont diversifiés vers le milieu dit « ouvert », par opposition aux formes d’institutionnalisation en milieu « fermé ». Un suivi éducatif à domicile, par exemple, est en effet basé sur la construction de relations d’aide consentie et concertée entre les intervenants et les familles. Ces changements se sont progressivement, et parfois difficilement, élaborés, créant parfois des rivalités liées à des modifications de statuts, de places, et de partage de territoires dans les champs d’action des professionnels (« Qui êtes-vous pour prétendre faire mieux que nous ? »). Le manque de formation des nouveaux intervenants est à considérer, de même que l’incompréhension des familles confrontées à certains professionnels peu délicats qui s’imposent de droit chez elles.

Ces changements m’ont motivée à développer de nouveaux outils de travail, à privilégier le travail en réseau, à multiplier les concertations, à ajuster les modalités de contact, à respecter les savoirs et les cultures de chacun, et à adapter, sans cesse, les objectifs et les particularités de mes interventions.

Se séparer, le mieux possible : un thème très présent dans les difficultés familiales


Dans notre contexte sociétal, alors que l’accent est mis sur les processus d’individuation et que les couples semblent voués à une succession de partenariats (on prédit un divorce pour deux mariages), de nouvelles configurations familiales sont à prendre en compte pour que le tissu relationnel du « vivre ensemble » reste consistant et fiable. Devenir belle-mère avant d’être mère, beau-père avant d’être père, est une expérience fréquente dont les variables conditionnent l’avenir de la famille recomposée, comme la place occupée par le parent biologique ou l’enfant déjà là, ou le projet, réalisable ou non, que le nouveau couple ait ses propres enfants. Certains parents traversent des périodes hétérosexuelles qui peuvent alterner avec des séquences homosexuelles, pour ne citer que quelques exemples marquants de ces apprentissages relationnels. De quel bagage affectif, de quelle éthique relationnelle, avons-nous besoin pour affronter ces séparations/ reconstructions ?

Les espaces-rencontres, une nouvelle modalité de rester en lien


Dans les années 1990, j’ai fait partie d’un des premiers services Espace Rencontre (Gréchez, 1994) créés en Belgique francophone, à l’image des Points Rencontres français. À la suite d’un jugement du tribunal, certaines familles étaient contraintes de recourir à notre service si l’un des parents en procédure litigieuse de séparation voulait maintenir le lien avec son ou ses enfants. Nous avions à faire avec des parents « gardiens » (80% de mères) et des parents « visiteurs ». Je me souviens avoir reçu un petit garçon de quatre ans et sa mère, pour leur expliquer les conditions dans lesquelles l’enfant allait rencontrer son papa, selon la décision du tribunal. Pendant que j’énumérais à la maman les étapes de l’accompagnement des rencontres (durée, rythme, modalités) et que la maman évoquait rageusement toutes les bonnes raisons qu’elle avait pour s’opposer à la décision du juge, le petit garçon était absorbé dans un dessin et de grosses larmes coulaient sur ses joues tandis qu’il dessinait soigneusement l’auto de son papa devant la maison. Il n’avait pas besoin de mots pour montrer combien il souffrait de la situation conflictuelle et de l’éloignement de son papa. La majorité de ces situations nous confrontait au profond chagrin des enfants, à leur peur de déclencher la tristesse ou la colère d’un des parents, à leurs tentatives de protéger celui qu’ils ressentaient comme le plus en souffrance. Souvent nourries de haine, de rancune et de colère, ces séparations familiales mettent à mal, chacune à leur manière, le lien d’attachement qui relie un enfant à chacun de ses parents. La séparation d’un couple que l’enfant a intégré comme un « tout » dans sa pensée l’oblige à un travail psychique intense pour séparer en lui ce qu’il avait uni.

L’histoire d’Agathe et de Daniel


Au départ d’une situation clinique fictive, je souhaite mettre en évidence combien les épreuves associées aux reconfigurations familiales peuvent aussi constituer des opportunités pour développer les ressources et la créativité chez ceux qui s’y confrontent, pour autant que chacun soit prêt à y investir du temps et de l’énergie psychique. Suivons donc l’histoire vécue par Daniel, Agathe et leurs enfants. Nous allons mesurer la complexité de ces assemblages familiaux guidés par les choix affectifs de deux adultes décidés à partager du bonheur.

Daniel et Agathe s’aiment depuis un an et demi. Leur récit m’apprend que le premier couple d’Agathe s’était dramatiquement terminé par un abandon, alors qu’elle était enceinte de trois mois. « Débrouille-toi toute seule ! » avait dit son mari en claquant la porte. Sauf qu’elle était déjà deux, avec cette petite fille qui prenait vie en elle. Pour Daniel, cela s’était passé d’une façon plus simple. Son couple avait craqué alors qu’il était dans la quarantaine. Il traverse alors deux longues années de solitude apprivoisée, recevant ses deux enfants, des jumeaux, un week-end sur deux et la moitié des congés scolaires. Il bâtit une maison, pour lui et pour eux. La rencontre avec Agathe donne un sens nouveau à cette maison en construction, celui d’une nouvelle famille. À cinq, cette fois. Agathe et sa fille sont invitées à rejoindre Daniel dans la maison qu’il aménage avec soin.

À quels défis seront confrontés les parents, Daniel et Agathe, et leurs enfants et beaux-enfants ?

Se connaître : être capable d’identifier le contenu de son sac à dos relationnel


De quelle histoire Agathe et Daniel sont-ils chacun porteur ? Comment sont-ils prêts à s’engager dans leur nouvelle histoire d’amour ? Que veulent-ils réparer de leur parcours relationnel et émotionnel ? Agathe reconnaît avoir besoin d’avoir un emploi pour apaiser ses angoisses d’abandon. Elle sait qu’elle ne peut pas attendre de Daniel qu’il répare les blessures affectives de son passé. Daniel, quant à lui, a fort mal vécu la « trahison » de son ex-femme, même s’il peut accepter aujourd’hui l’idée que leur séparation est finalement une bonne chose. Sur quelles bases vont-ils établir leur relation de couple ? Quelle grammaire affective vont-ils utiliser pour s’aimer, s’épauler, se confronter « pour le meilleur et le pire » à ce que leur réserve leur avenir commun ? Ils commencent à comprendre qu’un même événement offre plusieurs lectures et qu’aucune ne fait office de vérité absolue.

Comprendre les conséquences relationnelles des expériences passées, leurs risques et leurs ressources.


Trahison, abandon, déception, tristesse, deuil de la famille idéale, envie de ne pas répéter ses erreurs, méfiance, doutes… Voilà donc ce dont il faut pouvoir débattre pour assainir les attentes exagérées et favoriser les adaptations créatives. Ce travail est nécessaire pour Daniel et Agathe, en tant que couple, et pour chacun d’eux en tant que parent et/ou beau-père ou belle-mère vis-à-vis des enfants des différents lits. Car ceux-ci ont également été atteints dans leur sécurité affective ; ils ont souffert avec leurs parents souffrants, ils ont entendu leurs versions différentes. À travers les épreuves de séparation de leurs parents, les enfants ont la tâche douloureuse de faire face à la division de leur monde intérieur en deux mondes distincts : celui de maman et celui de papa. Dans de telles circonstances, les conflits de loyauté et leur cortège de questions insolubles peuvent naître et se développer : faut-il prendre parti et choisir son camp ? Comment faire face à la tristesse d’un parent ? Comment faire plaisir à l’un sans faire pleurer l’autre ? Et quelle sera « leur » place désormais ? De quelle mission chaque enfant est-il chargé par son parent : avocat, espion, messager, infirmier, guerrier, diplomate, arbitre, etc. ? Sans compter que les missions seront distribuées en fonction de leur rang de naissance dans la fratrie, de leur sexe, et du degré d’implication ou d’affinité de chacun des parents dans la relation avec son enfant.

Clarifier et comprendre les différents points de vue et les besoins de chacun des protagonistes


La distribution des rôles parentaux et filiaux dépend dans une large mesure du contexte culturel d’appartenance. Dans la situation clinique que nous évoquons ici, le contexte socio-économique et culturel des protagonistes est relativement homogène, cependant la microculture singulière et particulière à chaque système familial reste à décoder. Cela passe par les valeurs, les coutumes, les rituels culturels autour des repas et des choix alimentaires, les règles qui se rapportent aux modalités concrètes d’organisation de la vie quotidienne, aux rapports d’intimité, aux modes de communication, aux manières de se parler et de se faire respecter.

Comment chacun des parents, a-t-il déjà élaboré son interprétation personnelle du rôle parental en fonction des circonstances ? Daniel a d’abord été père, en complément du rôle joué par la mère des enfants. Après la séparation, ses jumeaux étant déjà âgés de quinze ans, il n’a pas dû trop changer les modalités de son rôle paternel. Bien qu’être père d’une fille, ce n’est pas pareil que d’être père d’un fils. Surtout quand il n’y a plus de femme à la maison. Agathe a été une maman très complice et très investie dans la relation avec sa fille. Ce rôle maternel et monoparental, sans complémentarité paternelle, a pris beaucoup de place dans sa vie et dans celle de sa fille Hélène qui découvre, à treize ans,  la présence attentive d’un beau-père. Elle l’adore, ce sera son papa de cœur, dira-t-elle.

Ils vont l’un et l’autre avoir à inventer une nouvelle distribution des rôles parentaux, entre eux et en complémentarité : qui sera « le chef » de quelles tâches ? Quelle organisation mettre en place ? Comment tenir compte du partage nécessaire en fonction des compétences et des souhaits de chacun des enfants ? Quelles limites poser ? Qui contrôle quoi ? Qui décide de quoi ? Avec qui ?

Donner du temps au temps


Dans un ensemble familial qui se reconstitue et en tenant compte de la disparité dans les places, des niveaux de maturité, des différents sous-systèmes, des objectifs à moyen et long terme, il n’y a pas lieu de brûler les étapes de constitution d’un groupe homogène. Cela ne s’invente pas, et il ne suffit pas de rassembler les personnages dans une même unité de lieu et de temps pour que cela fasse une histoire commune. Un temps de transition est nécessaire. Les liens qui se tissent ont à voir avec la filiation aussi bien qu’avec les processus d’affiliation, formes de tutorat amical de la part des adultes vers les enfants, et de reconnaissance affective des enfants vers les adultes.

La temporalité nécessaire à l’élaboration des relations implique que les adultes, portés par leur désir de retrouver une famille idéale, puissent cependant accepter que l’affection ne se commande pas, et que les enfants ne soient pas obligés d’aimer celui ou celle qu’ils n’ont pas choisi, qui leur est imposé et qu’ils ont le droit de considérer comme un gêneur ou un intrus ; quelqu’un qui vient probablement déranger un équilibre et qui doit, dès lors, accepter d’entamer un processus d’apprivoisement avec patience et détermination.

Articuler autonomie individuelle et activités communes


L’occupation des lieux, la circulation des informations, les négociations d’usage, le partage des tâches. Qui décide de quoi pour qui ? Comme l’écrit Maggy Siméon (1995) « …les liens n’étant pas institués, les beaux-parents et les beaux-enfants doivent sans cesse redéfinir leur relation autour du pouvoir, de l’autorité, de l’affection. Plus encore que dans les familles ‘’ normales ‘’, ils ne peuvent se référer à ce qui fait tiers, au droit qui dit et leur permettrait d’échapper à ces constantes négociations et médiations ».

Ces négociations doivent tenir compte des forces centripètes et centrifuges au sein de la dynamique relationnelle familiale : dans notre exemple, les grands adolescents deviennent des adultes qui vont se lancer dans la vie. La jeune adolescente est tout au bonheur de savourer la sécurité d’une vie de famille, avec frère et sœur. Le couple a besoin de temps pour créer son nouvel espace émotionnel.

Comment la fille aînée va-t-elle supporter l’annexion de son père par la plus jeune, celle-ci le fréquentant quotidiennement alors que la plus grande est privée de cette proximité ? Comment le père va-t-il gérer une éventuelle culpabilité d’en faire plus pour l’une que pour l’autre ? Comment la « nouvelle » femme va-t-elle supporter de rester dans la distance prudente et bienveillante vis-à-vis de ses beaux-enfants, sans trop se mêler de contrôler la relation de son amoureux avec ses grands enfants ? Autour de quels objectifs communs, cette famille va-t-elle pouvoir se rassembler ? Quels projets vont-ils investir ensemble ? Comment vont se partager les territoires de chacun et celui de la communauté familiale, avec deux habitants à temps partiel ?

Pour conclure


Ce cheminement, dont je n’ai abordé ici que quelques étapes majeures précédemment détaillées, en prenant appui sur les repères présentés plus haut, m’a progressivement formée à intervenir dans des situations de familles en difficulté en travaillant avec l’émotionnel familial et le vécu corporel et psychique individuel. Il est donc beaucoup question d’avoir à ajuster une distance suffisamment bonne pour pouvoir, ensemble, partager un récit collectif et pour écrire différemment l’histoire commune. Peut être aussi, dans les meilleurs des cas, oser imaginer les contours d’un rêve en cours d’élaboration, sans lequel rien ne pourrait jamais se projeter. 

Finalement, ce qui me semble aujourd’hui au cœur du débat, dans nos familles, et dans les équipes professionnelles, pourrait prendre la forme d’un consentement. À quoi et à qui faut-il consentir pour mener une vie digne ? Car le consentement implique un appel à l’indulgence, au respect mutuel, et à l’absence de jugement quant à ce qui est supportable pour soi et pour l’autre. Serait-ce une attente utopique ? Peut être, si l’on accepte ce qu’en dit Flottes (2017) quand elle définit les expériences utopiques réelles comme des tentatives précaires et imparfaites, des situations où les exigences vitales de solidarité rencontrent les manques et les désirs subjectifs d’existence sociale - des moments où l’ingéniosité individuelle et collective produit à la fois des biens et des services, et des transformations politiques essentielles.  Mêler l’affectif, le créatif, l’éthique et le politique, dans la ténacité et au-delà des incertitudes et des contradictions, relève à la fois du spectre émotionnel et d’une utopie réelle.



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